samedi 13 août 2016

Pénurie d'Estreva

Suite à la délocalisation du laboratoire Theramex à Monaco http://www.monacohebdo.mc/14398-la-fin-de-theramex la production du Gel Estreva est pour l'instant inexistant.
Comme tout le monde se tourne vers l'oestrodose, produit équivalent ( attention, les pressions sont plus dosées :  0.75 contre 0.50 pour l'Estreva) ce produit risque d'être vite en rupture de stock.

Vous trouverez sur ce site (ACTHE ) des traitements de substitutions à l'estreva: http://www.acthe.fr/fiches-pratiques/184-les-hormones-de-substitution.html

Vous trouverez sur ce blog bien documenté des équivalences pour votre dosage d'hormones:  http://katooey.blogspot.fr/2011/09/la-penurie-doestrodose-continue.html

Bon courage à toutes ... 

vendredi 15 juillet 2016

Changement d'état civil : une seule solution, l'autodétermination !

Communiqué du 13 juillet 2016

[communiqué commun des associations OUTrans (Paris), Acceptess T (Paris), C’est pas mon genre (Lille), Ouest Trans (Bretagne), TRANS INTER Action (Nantes), Chrysalide (Lyon), Association Nationale Transgenre, Pari T, Acronymes, collectif Existrans, avec le soutien du centre LGBT de Touraine et d’Act Up Paris]

 
 
Après des années de lutte intense des associations trans, rassemblées notamment autour des revendications du collectif Existrans, l'assemblée nationale vient de voter ce mardi 12 juillet un texte qui affirme vouloir mettre fin à l'exigence d'attestations et d’expertises médicales ou psychiatriques dans les procédures de changement de mention de sexe à l'état civil.
Nous resterons mobiliséEs et vigilantEs pour que cet objectif soit systématiquement respecté dans les demandes de CEC des personnes trans. Surtout, nous dénonçons le blocage systématique du gouvernement pour empêcher une procédure de CEC libre et gratuite en mairie qui seule serait à même de répondre avec certitude à cet objectif, en respectant réellement l'auto-détermination des personnes, comme préconisé par le Défenseur des Droits.
NON, Monsieur Binet, le tissu associatif trans français n’a JAMAIS demandé à faire l’impasse sur la déjudiciarisation de nos changements d’état civil. Vous affirmez avec aplomb que « Dès le début de nos discussions, nous avons, en accord avec les associations, écarté l’idée de la déclaration devant l’officier d’état civil ». Or, dès notre courrier interassociatif envoyé aux parlementaires fin 2015 et cosigné par la quasi totalité des associations trans, nous recommandions exactement l'inverse de ce que vous prétendez défendre en notre nom. Et nous n’avons eu de cesse de le répéter depuis.
Dans le texte voté le 12 juillet, le législateur laisse à nouveau la place à l’arbitraire du juge au centre de nos vies. Mais ni les psychiatres, ni les médecins, ni les juges ne sauront jamais mieux que les personnes concernées qui elles sont et comment elles doivent être identifiées à l’état civil. L’autodétermination n’est pas un principe négociable !
Au-delà de l'impact symbolique et concret de l'appréciation aléatoire des juges sur la légitimité des demandes de CEC, nous nous inquiétons aussi de la durée des procédures devant le tribunal de grande instance, pratiquement impossible à encadrer comme nous l'avons expliqué à maintes reprises. Nous continuons donc d’exiger la seule solution réellement rapide : un changement d’état civil auprès de l’officier d’état civil sur simple déclaration comme c’est le cas dans d’autres pays comme l'Argentine, le Danemark, la Colombie, l'Irlande, et dernièrement la Norvège.
Nous regrettons aussi l'exclusion de la procédure des mineurEs, en dehors des mineurEs émancipéEs. Elle donne un très mauvais signal aux parents et aux autres adultes qui entourent les enfants trans, alors même que ces enfants ont besoin de tout le soutien de ces adultes et de la société pour vivre librement et sereinement leur transidentité. De la même manière, les personnes nées à l'étranger doivent pouvoir bénéficier de procédures semblables aux personnes nées en France et adaptées à leurs situations particulières, pour que leurs prénoms et mention de sexe soient modifiés suivant leurs besoins sur leur titre de séjour. Le combat des associations trans continue pour que l'autodétermination des personnes, nos corps et nos identités soit enfin respectés !
Nous rappelons enfin que nous avons travaillé depuis le mois de juillet 2015 auprès du Défenseur des Droits et qu’il a lui-même suivi nos recommandations sur le changement d’état civil dans sa décision cadre du 24 juin 2016. Ces recommandations s’appuient non seulement sur l’histoire de nos luttes depuis plus de 15 ans, mais aussi sur ce que les associations, les experts juridiques, les chercheurs ont analysé et documenté : un CEC dépsychiatrisé et déjudiciarisé est non seulement possible, mais nécessaire, pour lutter efficacement contre les discriminations et permettre aux personnes trans de sortir de la précarité, d’avoir un meilleur accès aux soins, à l’éducation, au marché du travail.
Nous encourageons l’ensemble des parlementaires à défendre notre parole et nos revendications. Pour un tournant décisif vers l'émancipation des Trans du joug de la psychiatrie et de l'arbitraire des juges, il est encore temps pour le gouvernement de soutenir une modification en ce sens de l’article 18 quater du projet de loi Justice du 21ème siècle !

jeudi 5 mai 2016

Changement de sexe à l’état civil : une étape porteuse d’espoirs concrets

France: changement de sexe à l’état civil

Source: HES france.org le 04 mai 2016

Cette après-midi, lors de l’examen du projet de loi portant application des mesures relatives à la justice du XXIème siècle, la commission des Lois de l'Assemblée nationale s’est engagée à la rédaction d’un amendement organisant les modalités « gratuites, rapides et démédicalisées » du changement de la mention du sexe à l'état civil pour les personnes trans. HES (socialistes lesbiennes, gays, bi et trans) salue cette étape porteuse d’espoirs concrets.

Les parlementaires ont été précis. À l’occasion de l’examen de l’amendement, finalement rejeté, de Sergio Coronado, la députée socialiste Pascale Crozon a rappelé que la France allait être condamnée par la Cour européenne des droits de l’Homme en raison de l’absence de législation sur le changement de la mention du sexe à l'état civil. L’auteure de la proposition de loi déposée par le groupe socialiste le 29 septembre 2015 a ensuite appelé à faire en sorte que « le législateur prenne enfin ses responsabilités et garantisse aux personnes transgenre une voie légale, sécurisée et démédicalisée » pour obtenir la modification de la mention du sexe à l’état civil. En accord avec Erwann Binet et Michèle Delaunay, elle a proposé à Sergio Coronado, qui l’a accepté, un travail commun pour rédiger un amendement d’ici l’examen du projet de loi en séance publique, dans moins de deux semaines. Le rapporteur du projet de loi, Jean Yves Le Bouillennec, a marqué son soutien à la démarche ainsi engagée.

Jean-Jacques Urvoas, garde des Sceaux, ministre de la Justice, a, quant à lui, indiqué son ouverture au débat et n’a pas remis en cause l’intention des parlementaires de « faire évoluer la législation » ni « la nécessité  » de cette évolution.

Convaincue, comme tant d’autres, que la violence institutionnelle imposée aux personnes trans a trop longtemps été ignorée, HES considère qu’il est juste et judicieux de choisir de légiférer enfin sur un sujet sur lequel de d’autres pays d’Europe et du monde ont déjà avancé. Il s’agit de « résoudre un vrai problème humain et un problème juridique » comme l’a déclaré cette après-midi Erwann Binet.

lundi 7 mars 2016

Transféminismes

Cahiers de la Transidentité N° 5 : Transféminismes



Comment se nourrir sans s’approprier, comment relayer sans usurper, comment s’allier avec justesse dans un monde où les rapports de pouvoir nous marquent, dans nos confiances et nos méfiances, et où nous devons quotidiennement faire face à ceux qui veulent nous faire taire et nous diviser ? Les sphères universitaires françaises, dans leurs fonctionnements et dans leurs intentions, ont généré craintes et méfiances chez une bonne partie des militant.e.s non-universitaires tout comme au sein de groupes sociaux qu'elles « étudient ». Si elles ne veulent pas accentuer ces mécanismes, il est de leur responsabilité d'avancer vers celles et ceux qu'elles ont déçus, et parfois volés.

Car ailleurs, on n'attend pas. Du côté des trans, des personnes racisées, des travailleuses du sexe, des migrant.e.s et de tou.te.s les laissé.es pour compte du monde universitaire et du féminisme mainstream, on s'organise. Des voix s'élèvent, via blogs et réseaux sociaux, via manifestations et supports écrits et audiovisuels, via actions concrètes de solidarité et affirmation de discours réellement situés... Celles et ceux qui n'ont pas accès aux sphères de pouvoir et à la reconnaissance médiatique créent leurs propres outils et construisent des solidarités en se passant très bien d'une quelconque validation « officielle ».

Le transféminisme se construit, l'Afro-féminisme s’affirme, les travailleuses du sexe prennent la rue et les femmes voilées la parole. Les nouveaux féminismes sont déjà en marche, ainsi que les nouvelles complicités et solidarités... Si l'université et la militance traditionnelle ne veulent pas être rapidement dépassées, il est plus que jamais temps qu'elles prennent en compte ces dynamiques qui s'affirment et qu'elles apprennent à partager la parole et la visibilité, et à laisser la place là où c'est nécessaire...

Le travail qui est présenté dans cet ouvrage, avec ses manquements et ses imperfections, veut aller dans ce sens et nourrir des réflexions en s'éloignant des cloisonnements habituels...



Sommaire :

Introduction, P. Porchat, T. Ayouch, p. 17
Entretien avec L’Écho des sorcières, p. 21
Transféminisme à la française, N. B. Grüsig, p. 29
Le renouveau transféministe, A. Alessandrin, p. 49
Transféminisme ou postféminisme ?, M.-Y. Thomas, p. 55
Notes pour une technologie Transféministe, L. Rojas, p. 65
Qui a peur du transféminisme ?, Genres Pluriels, p. 75

Autour du trans-féminisme :

Femonationalisme, R. Gharaibeh, p. 83
Féminisme(s) et littérature marocaine, J. Zaganiaris, p. 91
Autour de The Empire Strykes Back, K. Espineira, p. 115

Conclusion :

TransRévolution Réflexions, MH/S. Bourcier, p. 125


Passages :

La fierté des damnés de la terre, J.-M. Gaillard, p. 133
Rachele in sex land, R. Borghi, p. 139
Entretien avec l’association Chrysalide, p. 145
Sissies imperator, D. Roth Bettoni, p. 159
Notes de lecture(s), G. Clamens, p. 169


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TRANSFÉMINISMES

Cahiers de la transidentité N° 5
Sous la direction de Maud-Yeuse Thomas, Noomi B. Grüsig, Karine Espineira
 


Décliné au pluriel, le transféminisme dans le contexte français est avant tout le fait de personnes qui s'allient plus que des mouvements s'alliant. Plus le fait de militantes que d'une théorisation d'universitaires. À ce titre, cet ouvrage explore ces différentes approches et sollicite des auteur.e.s de et du terrain aussi bien que des descriptions et des théorisations venues d'Espagne, d'Italie, de Belgique, du Maroc, du Brésil et de France.
ISBN : 978-2-343-07014-8 • octobre 2015
 http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=48255


Qui défend l’enfant queer ?

Par Paul B. Preciado, philosophe


Les catholiques, juifs et musulmans intégristes, les copéistes décomplexés, les psychanalystes œdipiens, les socialistes naturalistes à la Jospin, les gauchos hétéronormatifs, et le troupeau grandissant des branchés réactionnaires sont tombés d’accord ce dimanche pour faire du droit de l’enfant à avoir un père et une mère l’argument central justifiant la limitation des droits des homosexuels. C’est leur jour de sortie, le gigantesque outing national des hétérocrates. Ils défendent une idéologie naturaliste et religieuse dont on connaît les principes. Leur hégémonie hétérosexuelle a toujours reposé sur le droit à opprimer les minorités sexuelles et de genre. On a l’habitude de les voir brandir une hache. Ce qui est problématique, c’est qu’ils forcent les enfants à porter cette hache patriarcale.
L’enfant que Frigide Barjot prétend protéger n’existe pas. Les défenseurs de l’enfance et de la famille font appel à la figure politique d’un enfant qu’ils construisent, un enfant présupposé hétérosexuel et au genre normé. Un enfant qu’on prive de toute force de résistance, de toute possibilité de faire un usage libre et collectif de son corps, de ses organes et de ses fluides sexuels. Cette enfance qu’ils prétendent protéger exige la terreur, l’oppression et la mort.

Frigide Barjot, leur égérie, profite de ce qu’il est impossible pour un enfant de se rebeller politiquement contre le discours des adultes : l’enfant est toujours un corps à qui on ne reconnaît pas le droit de gouverner. Permettez-moi d’inventer, rétrospectivement, une scène d’énonciation, de faire un droit de réponse au nom de l’enfant gouverné que j’ai été, de défendre une autre forme de gouvernement des enfants qui ne sont pas comme les autres.

J’ai été un jour l’enfant que Frigide Barjot se targue de protéger. Et je me soulève aujourd’hui au nom des enfants que ces discours fallacieux entendent préserver. Qui défend les droits de l’enfant différent ? Les droits du petit garçon qui aime porter du rose ? De la petite fille qui rêve de se marier avec sa meilleure amie ? Les droits de l’enfant queer, pédé, gouine, transsexuel ou transgenre ? Qui défend les droits de l’enfant à changer de genre s’il le désire ? Les droits de l’enfant à la libre autodétermination de genre et de sexualité ? Qui défend les droits de l’enfant à grandir dans un monde sans violence ni sexuelle ni de genre ?

L’omniprésent discours de Frigide Barjot et des protecteurs des «droits de l’enfant à avoir un père et une mère» me ramène au langage du national catholicisme de mon enfance. Je suis né/e dans l’Espagne franquiste où j’ai grandi dans une famille hétérosexuelle catholique de droite. Une famille exemplaire, que les copéistes pourraient ériger en emblème de vertu morale. J’ai eu un père, et une mère. Ils ont scrupuleusement rempli leur fonction de garants domestiques de l’ordre hétérosexuel.
Dans les discours français actuels contre le mariage et la Procréation médicalement assistée (PMA) pour tous, je reconnais les idées et les arguments de mon père. Dans l’intimité du foyer familial, il déployait un syllogisme qui invoquait la nature et la loi morale afin de justifier l’exclusion, la violence et jusqu’à la mise à mort des homosexuels, des travestis et des transsexuels.
Ça commençait par «un homme se doit d’être un homme et une femme une femme, ainsi que Dieu l’a voulu», ça continuait par «ce qui est naturel, c’est l’union d’un homme et d’une femme, c’est pour ça que les homosexuels sont stériles», jusqu’à la conclusion, implacable, «si mon enfant est homosexuel je préfère encore le tuer». Et cet enfant, c’était moi.

L’enfant-à-protéger de Frigide Barjot est l’effet d’un dispositif pédagogique redoutable, le lieu de projection de tous les fantasmes, l’alibi qui permet à l’adulte de naturaliser la norme. La biopolitique (1) est vivipare et pédophile. La reproduction nationale en dépend. L’enfant est un artefact biopolitique garant de la normalisation de l’adulte. La police du genre surveille le berceau des vivants à naître, pour les transformer en enfants hétérosexuels. La norme fait sa ronde autour des corps tendres. Si tu n’es pas hétérosexuel, c’est la mort qui t’attend. La police du genre exige des qualités différentes du petit garçon et de la petite fille. Elle façonne les corps afin de dessiner des organes sexuels complémentaires. Elle prépare la reproduction, de l’école au Parlement, l’industrialise. L’enfant que Frigide Barjot désire protéger est la créature d’une machine despotique : un copéiste rapetissé qui fait campagne pour la mort au nom de la protection de la vie.

Je me souviens du jour où, dans mon école de bonnes sœurs, les Sœurs servantes réparatrices du Sacré-Cœur-de- Jésus, la mère Pilar nous a demandé de dessiner notre future famille. J’avais 7 ans. Je me suis dessinée mariée avec ma meilleure amie Marta, trois enfants et plusieurs chiens et chats. J’avais déjà imaginé une utopie sexuelle, dans laquelle existait le mariage pour tous, l’adoption, la PMA… Quelques jours plus tard, l’école a envoyé une lettre à la maison, conseillant à mes parents de m’emmener voir un psychiatre, afin de régler au plus vite un problème d’identification sexuelle. De nombreuses représailles suivirent cette visite. Le mépris et le rejet de mon père, la honte et la culpabilité de ma mère. A l’école, le bruit se répandit que j’étais lesbienne. Une manif de copéistes et de frigide barjotiens s’organisait quotidiennement devant ma classe. «Sale gouine, disaient-ils, on va te violer pour t’apprendre à baiser comme Dieu le veut.» J’avais un père et une mère mais ils furent incapables de me protéger de la répression, de l’exclusion, de la violence.

Ce que protégeaient mon père et ma mère, ce n’était pas mes droits d’enfant, mais les normes sexuelles et de genre qu’on leur avait eux-mêmes inculquées dans la douleur, à travers un système éducatif et social qui punissait toute forme de dissidence par la menace, l’intimidation, le châtiment, et la mort. J’avais un père et une mère mais aucun des deux ne put protéger mon droit à la libre autodétermination de genre et de sexualité.

J’ai fui ce père et cette mère que Frigide Barjot exige pour moi, ma survie en dépendait. Ainsi, bien que j’aie eu un père et une mère, l’idéologie de la différence sexuelle et de l’hétérosexualité normative me les ont confisqués. Mon père fut réduit au rôle de représentant répressif de la loi du genre. Ma mère fut déchue de tout ce qui aurait pu aller au-delà de sa fonction d’utérus, de reproductrice de la norme sexuelle. L’idéologie de Frigide Barjot (qui s’articulait alors avec le franquisme national catholique) a dépouillé l’enfant que j’étais du droit d’avoir un père et une mère qui auraient pu m’aimer, et prendre soin de moi.

Il nous fallut beaucoup de temps, de conflits et de blessures pour dépasser cette violence. Quand le gouvernement socialiste de Zapatero proposa, en 2005, la loi du mariage homosexuel en Espagne, mes parents, toujours catholiques pratiquants de droite, ont manifesté en faveur de cette loi. Ils ont voté socialiste pour la première fois de leur vie. Ils n’ont pas manifesté uniquement pour défendre mes droits, mais aussi pour revendiquer leur propre droit à être père et mère d’un enfant non-hétérosexuel. Pour le droit à la paternité de tous les enfants, indépendamment de leur genre, de leur sexe ou de leur orientation sexuelle. Ma mère m’a raconté qu’elle avait dû convaincre mon père, plus réticent. Elle m’a dit «nous aussi, nous avons le droit d’être tes parents».

Les manifestants du 13 janvier n’ont pas défendu le droit des enfants. Ils défendent le pouvoir d’éduquer les enfants dans la norme sexuelle et de genre, comme présumés hétérosexuels. Ils défilent pour maintenir le droit de discriminer, punir et corriger toute forme de dissidence ou déviation, mais aussi pour rappeler aux parents d’enfants non-hétérosexuels que leur devoir est d’en avoir honte, de les refuser, de les corriger. Nous défendons le droit des enfants à ne pas être éduqués exclusivement comme force de travail et de reproduction. Nous défendons le droit des enfants à ne pas être considérés comme de futurs producteurs de sperme et de futurs utérus. Nous défendons le droit des enfants à être des subjectivités politiques irréductibles à une identité de genre, de sexe ou de race.

(1) Concept de Michel Foucault désignant un pouvoir s’exerçant sur les corps et les populations. Auteure de «Pornotopie : Playboy et l’invention de la sexualité multimédia», (Climats, 2011).

Paul B. Preciado philosophe, directrice du Programme d'études indépendantes musée d'Art contemporain de Barcelone (Macba)

dimanche 4 octobre 2015

Pathologisation des Trans-identités



La Controverse trans

FABRIQUE DES IDEES. La pathologisation des trans identités – le « transsexualisme » – apparaît comme le fait d’un système de normalisation sexuel à la fois puissamment dominant et désespérément en crise.

Depuis près de 30 ans, désormais, les « experts en transsexualisme » affirment qu’en l’état des connaissances, le fait trans est une énigme non résolue et, dans le même temps, qu’il relève d’une affection mentale ; les interventions et opérations médicales préconisées par les protocoles relevant d’une « mutilation ». Cette définition « psychanalytique » des trans identités justifie ainsi depuis des années leur maintien dans le DSM (Diagnostic and Statistical Manuel – Revision 4 : outil de classification publié par l’Association américaine de psychiatrie en 1994), sous la catégorie de « trouble de l’identité sexuelle », tant aux USA qu’en Europe dans le cadre de l’OMS (CIM-10 – Classification Internationale des Maladies, F64 « Troubles de l’identité sexuelle »). Face à l’enjeu déterminant de la classification du « transsexualisme » dans la version prochainement révisée en 2008 du DSM5 et de la CIM11, il convient d’analyser de près ce qui constitue le fond du débat, c’est-à-dire ce que la médecine, les Etats, les sociétés font aux/des trans identités, mais aussi ce que les trans identités font aux/des représentations, des régulations et des normes, en matière de corps, de sexe et de genre.

vendredi 31 juillet 2015

Carte des droits Trans en Europe - 2015 -


23 états Européens ( en rouge) demandent encore la stérilisation pour accorder le changement d'état civil aux personnes Trans en 2015. 

 La France ne respecte pas les droits humains tel que définis dans Les principes de Jogjakarta [Panel international d'experts en législation internationale des droits humains, 2007], la Résolution 1728 (2010) [Assemblée européenne, 2010] et les recommandations du Commissaire européen aux droits humains [Hammarberg, 2009] .